Réflexion sur la gestion des artistes


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Artiste

Tout gestionnaire qui se respecte est déjà tombé sur ses êtres étranges, les artistes. On ne parle pas ici d’artiste habituel, mais bien de programmeurs ou des inventeurs brillants et non conventionnels. Ce sont ceux qui inventent et qui sortent les idées les plus farfelues. Souvent il débute des projets extraordinaires, mais ne les termines que rarement. Quelques compagnies ne recherchent que ce type de personne, mais beaucoup d’autres les évitent puisqu’ils sont souvent trop difficiles à gérer. Nous allons donc réfléchir sur une méthode pour les encadrer, mais sans brimer leur créativité.

Définition d’un artiste en développement

C’est un employé brillant, souvent le plus compétent de la compagnie. Si aucun projet ne lui est attribué, il va s’amuser à créer de nouveaux produits. Il peut travailler sans jamais regarder les heures passées et souvent sans jamais même demander d’être payé pour les heures supplémentaires accomplies, puisque pour lui c’est un plaisir voir même un privilège d’avoir pus le faire. Par contre, souvent au milieu de sa création, une nouvelle idée va apparaître et il va finir par délaisser le projet initial. Ceci va provoquer avec le temps plein de magnifiques projets débutés, mais très peu de complétés. Google entre autres ne recherchait ce genre de personne. On a tous entendu parler des vendredis libres que Google offrait à ses employés et c’est durant cette période que des projets comme Google Map, GMail, Google Car … on pu voir le jour. Par contre, il y a aussi l’envers de la médaille. Ce genre de personne ne documente que très peu, n’explique pas ce qu’il fond, peuvent recevoir un autre projet important, mais ils vont quand même terminé leur idée. Peut-être une des raisons que même Google a arrêtées avec ces journées qui produisaient de merveilleux produits, mais aussi énormément de produits qui ne seront jamais complétés.

Pourquoi sont-ils  souvent évités par les gestionnaires

Si l’artiste réussit un projet, il sera tellement révolutionnaire qu’il sera récompensé par la compagnie. Par contre, dans le cas contraire, ça sera le gestionnaire qui se fera taper sur les doigts. Mais dans aucun cas, le gestionnaire ne recevra les fleurs d’avoir bien encadré cette personne. Donc les jeunes gestionnaires, un peu plus casse-cou vont se lancer tête baissée sur ce genre d’employé, mais souvent les plus anciens vont les éviter puisque le risque est trop élevé.

Pourquoi leur gestion est-elle différente des autres ?

À cause qu’ils partent souvent dans divers projets, les gestionnaires essaient souvent de resserrer la gestion. Ceci fonctionne très bien avec la plupart des employés. Plus le mandat sera clair et précis, moins il y a des chances que le projet par en vrille. Par contre avec un artiste, plus il sera encadré, étrangement moins la productivité ne sera au rendez-vous. En fait, le facteur plaisir, que l’artiste avait au départ, risque de finir par disparaître. Alors sur le long terme, soit l’employé quittera en disant qu’il veut explorer autre chose ou soit l’artiste perdra sa faculté et tout esprit d’initiative. Il deviendra ce qu’on appelle un bureaucrate ou un employé blasé qui ne fera que ses heures de bureau sans une seule minute de plus.

Alors vaut-il mieux laissé complètement libre

JAMAIS !!!! au grand jamais. Étrange peut-être comme réaction, mais vous allez très rapidement finir par avoir trop de projets à compléter. Il va faire exploser les budgets de développement sans que ceci finisse par être rentable. On peut voir par exemple avec Steve Jobs qui était un artiste assez extrême. D’ailleurs, ceci lui a été reproché à de très nombreuses reprises.

Alors, comment bien les encadrer

En fait, Scrum a été conçu par ce genre de personnes et ce n’est pas pour rien. Il permet d’alléger la bureaucratie du projet. Avec la rencontre journalière, le scrum master peut ainsi garder un oeil sur les débordements possibles. Par contre, c’est à l’employé de décider sur sa journée de travail. Donc il garde le côté créatif et reste quand même encadré sur le projet en cour de développement. Personnellement j’ajoute quand même une gestion des priorités sur 3 niveaux pour montrer que le projet est quand même encadré, mais aucune limite sur l’ordre d’exécution des tâches. L’employé doit pouvoir faire ce qu’il veut, tant qu’il respecte les stories (tickets) existants.

Aussi, j’essaie d’organiser avec eux des réunions à intervalle régulier. Durant cette rencontre, on discute de futur projet. C’est genre une réunion pré-mortem, mais de projets/fonctionnalités non existants. Ceci permet de conserver le côté créatif de l’artiste et peut aussi amener de nouvelles idées qui pourront être incorporées dans un sprint futur.

Les vendredis libres

Google a arrêté cette pratique, étrange quand leurs plus grands proviennent de cette période. Mais combien de fois Google a présenté au public un projet qui devait révolutionner le monde et au final n’a jamais vu le jour. Je ne voudrais même pas m’imaginer les fortunes qui ont été dépensées en projet jamais abouti. Alors pour ou contre ce genre de journée. Ni oui et ni non. En fait, pour une compagnie qui débute et qui se cherche, je dirais que oui. Mais une fois que la compagnie à une spécialité, je verrais peut-être sous une autre forme. Comme mentionner précédemment, créer une réunion libre qui permettra de lancer divers projets qui doivent se compléter en 1 sprint seulement (entre 2 semaines et 1 mois). Le gagnant verra son idée se concrétiser dans le double du temps alloué, donc sous deux sprints. Donc ceci ne mobilisera pas votre budget, mais à intervalle régulier un nouveau produit ou fonctionnalité en sortira, ce qui vous permettra de garder vos artistes alertes. Ensuite, vous pourrez doser en augmentant le personnel attiré sur ce projet spécial, la fréquence et la durée. Attention, il ne faut jamais donner une durée illimitée à ce genre de projet, sinon vous pouvez être sûr que rien ne va en sortir à part une perte d’heure/employé.

Avez -vous déjà du gérer un artiste ? Veuillez nous décrire votre expérience bonne ou mauvaise.

Maxime Savard

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